’’Si, comme nous le croyons, la pensée individualiste et la conscience privée étaient effectivement le produit de lecture et de l'écriture, alors l'utilisation des réseaux et la production d'univers mentaux sur écran devraient entraîner l'apparition de nouvelles formes d'association mentale.’’ - Derrick de Kerckhove                                

"Once you fall in love with the ideas," he exults, "that is so thrilling.
There's not much more to think about except trying to go as deep into that world as you can and being true to those ideas. You kind of get lost. And getting lost is beautiful." David Lynch





RÉFLECTIONS  ..  RÉFLEXIONS

Résumé/synopsis
À travers une vision contemplative inspirée librement de la ville de Rio de Janeiro viennent se greffer une série de silhouettes, d’entités organiques et d’essences humaines co-existant dans de faux paysages. Le projet traite des phénomènes d’intuition et de télépathie inconscientes entre les humains et leur environnement. Une narration non linéaire propose un langage vibratoire qui alterne entre des espaces naturels et urbains, des réseaux technologiques et des courants de pensées.

*Gagnant d'un prix GRAFIKA 2007 dans la catégorie animation numérique (projet personnel)

Voir ici une version DVD/web du projet sur le site de Mindroots
ou sur le site de Moment factory




Photos prise lors du laboratoire public, Juillet 2006

Manuel Chantre

Équipe de création:

Concepteurs :
Images
, tournage, animation, montage vidéo : Johnny Ranger 
Musiques et sons : Manuel Chantre

Collaborateurs :
Présences en vidéo : Chanti Wadge, Luciane Pinto, Zoe Poluck, Jacob
Cino.
Voix : Paulo Ramos,  Luciane Pinto, Thais Stoclhol.
Maquette miniature de Rio de Janeiro : Louis Phillipe St-Arnault.
Images 3-D : Francis Gélinas.
Prise de sons au Brésil : Sylvain Bellemare et Pierre-Étienne Lessard.
Photographie de maquette : Jean-Marc Abela.
Texte : Paulo Ramos.
Participation à la conception sonore : Sylvain Bellemare.

SAT / Université de Montréal
Programmation du projet pour la présentation dans le cyclo: Sebastien Roy et Sylvain Cormier
Coordination:
Joseph Lefevre
 

 
 Johnny Ranger et Chanti Wadge


Notes de créations de Johnny Ranger

Départ
 La création d’une seule image qui utilise plus de 10 fois la surface normale d’un écran standard (TV) force

à
reconcevoir  notre approche de la vidéo et son style d’imagerie. Je trouvais enfin un prétexte idéal pour me permettre de concevoir des images conçu comme un tableau d’art visuel où je pouvais mettre une emphase sur le dessin.

 

Images tirés de mes carnets de dessins

Au moment de commencer cette production vidéo en 360 degré, les premières idées qui me sont venu étaient tirées d’un désir de contrebalancer un traitement sur lequel je travaillais depuis quelques années, un thème de multiplicité de contenu et un style de tournages spontanés qui était tiré de mon quotidien et qui s’effectua sur plusieurs villes et qui furent incorporer dans un travail de collage vidéographique multi-écrans (Les constellations dynamiques). Cette fois ci, je voulais me concentrer sur une seule ville : Rio de Janeiro, excitante dans sa forme et son esprit, en lui créant un hommage tout en abandonnant le désir de représentation juste et réaliste. Je voulais plonger dans les impressions que cette ville fascinante m’avait fait ressentir au cours de mes quelques visites.


Images tirés de mes carnets de dessins

Langage visuel

Les premières images d’inspiration furent calligraphiques, l’idée était de créer un panorama librement inspiré d’un monde à base de dessins, un peu comme les grandes encres et peinture de paysages de l’art japonais et Chinois. Ces panneaux déroulant où les dessins ne font qu’esquisser un paysage, une évocation légère ou le geste exprime l’impression au détriment de la précision. Ce projet nous permettait d’utiliser une horizontalité panoramique totale, on pourrait pratiquement dire infini car le cercle se ferme et se rejoint. une sorte de cinéma immersif  où il est absolument impossible de prévoir où les gens décideront de poser leur regard. Nous avions donc une autre rapport de temporalité et un nouveau type de mouvement.

Je m’intéresse depuis plusieurs années à un travail de narration non linéaire et j’essais de me rapprocher peu à peu vers un type de nouveau cinéma où il est possible de suivre une histoire évocatrice tout en demeurant extrêmement subjective pour chacun de ses spectateurs.


ex. image calligraphique traditionnel chinoise.

Rencontre du son et de l’image
Au début du projet je ne connaissais pas très bien le musicien Manuel Chantre, nous avions eu l’occasion de travailler ensemble spontanément sur une performance d’improvisation, mais ce fut très bref. Il est intéressant de constater à quel point une unité s’est créer alors que nous n’avions pratiquement jamais vu ou entendu le travail de l’autre au cours du processus de création. Il y avait un scénario de base qui se composait de thèmes, de mots clés et d’esquisses très rapide
(voir images ci-bas) où j’exprimais ce que je voyais en suggérant quelques idées de sons et d’ambiances. Ce n’est que quelques jours avant la présentation que j’avais une idée concrète de la musique, en fait, Manuel avait si bien rendu les impressions de ce que je recherchais, que je devais à mon tour pousser le travail des images afin de lui rendre honneur. Nous avons finalement vu l’amalgame de notre travail au même moment que le public qui s'est déplacé pour voir la première présentation laboratoire publique en juillet 2006.




Segments du scénario-esquisse sur lequel Manuel s'inspirait pour composer la trame sonore.

Rio de janeiro
Les paysages de Rio de Janeiro sont les plus sensuels que mes yeux n’on jamais eu la chance de voir, les montagnes qui enjambent la ville semblent être composé des parties de corps humains (les plus belles), les immeubles sont un mélange de constructions coloniale (cette ville est l’ancienne capitale du Brésil), les buildings des années 70 et la jungle des forêts et des parcs s’y marient d’une étrange façon. Les rondeurs des multiples montagnes sublimes se prolonge jusque dans la mer et la ville est constituée de quantités d’angles inédits pour observer un paysage à couper le souffle.  Les oiseaux, les singes et autre habitants de la flore cohabite avec 12 millions d’humains. Il y a une poésie dans les lieux, les arts, la musique, l’histoire du bossa nova, le métissage des cultures, le carnaval, le soccer et surtout cette langue qui chante et ce mouvement du corps qui exprime une grâce sensuelle et qui trouve son écho dans la rondeur du paysages et les nombreuses plages de la ville. Le danger est toujours
omniprésent, il s'y trouve un climat qui se rapproche d'un guerre civile en partie dû au combat incessant entre la mafia des favelas et de la police (bien souvent corrompu), la drogue, les tensions entre les richesses et la pauvreté met en gage un lieu qui autrement serait paradisiaque. Malgré tout on y ressent  une surprenante jovialité, une atmosphère décontracté et un sens du jeu comme nulle part ailleurs.


Comparaison d'une photo de la ville avec les photos de notre maquette.

Reproduction de Rio de Janeiro
L’idée de créer Rio de Janeiro  en maquette renforça l’impression de non-réalisme que je recherchais. J’ai été dans cette ville deux fois, assez pour tomber sous son charme  mais pas assez pour la connaître en profondeur et d'offrir un regard de justesse. Notre maquette faite d’argile et de carton est un peu à l’opposé des tendances actuelles de recréer un environnement 3-D virtuel. Louis-Phillipe St-Arnault, qui était responsable de la scénographie d’un de mes projet de spectacle interdisciplinaires en cours,  fut d’abord invité à m’aider dans sa confection puis s’averra finalement l’unique créateur de cette maquette imposante qui mesurait au final 8 pieds par 8 pieds, on se sentait transporté par un regard vers cet univers miniature qui ne cache pas ses imperfections.

Les chorégraphies
Je travaille souvent avec des danseurs et dans les dernières années j'ai eu la chance de collaborer sur plusieurs projets avec l'excellente chorégraphe Chanti Wadge sur lequel nous avions beaucoup d'idées en commun et nous avons développé au cours des années une étonnante complicité dans notre langage. Tout le travail pour ce projet est parti d'improvisations ou je  mentionnais des thèmes, des situations et des idées de base à un groupe de danseurs amis et complice.  Lorsqu'ils improvisaient je leur suggérais des avenues et m'assurais de capter leur performance sur trois angles de caméras simultanés. Ensuite il y avait à faire tout un travail de sélection et de découpage des séquences les plus pertinentes afin de les insérer par la suite dans les faux paysages. Je modula ensuite les vitesses des mouvements des corps pour créer des montages dynamiques le geste et les figures perdent ainsi de leur réalisme et se mélange à cet univers de dessins, d'une réalité imaginé.


 

Photos des danseurs prise lors du tournage.

Ce projet de la fabrique devait être développé en deux ou trois étapes. Nous avons créé un premier laboratoire, une version de 16 minutes projeter en juillet 2007. J’aurais aimé approfondir une version de ce projet ayant une longueur de 45 minutes, et ou je pourrais faire intervenir des acteurs qui communiquerait avec directement au public et me rapprocher d'une narration cinématique. Mais pour l'instant, la SAT  ont demandé à tout les équipes de faire une version abrégé de 10 minutes.








Biographies

JOHNNY RANGER
 
Johnny Ranger est un artiste de la vidéo et des arts interdisciplinaire. Il est le fondateur et directeur artistique de Mindroots, un projet continu de création connective qui s’allie avec des créateurs exceptionnel de la scène pour approfondir un travail narratif ouvert et non linéaire.  Leur plus récente production intitulée Les constellations dynamiques fut présenté pendant 4 soirs à la société des arts technologiques [SAT] en décembre 2005 et fut reprise au Mois Multi à la Méduse (Québec) et à Temps d’images à L’Usine C en février 2007.

Johnny Ranger d’exprime à travers des médiums tel que les performances interdisciplinaires, les installations visuelles, le DVD, le Vjing (improvisation vidéo), l’art web et collabore régulièrement avec divers chorégraphes. Il a présenté son travail au File Festival (Sao Paolo et Rio de Janeiro), Ars Futura (Barcelone), New Museum of Contemporary art (NYC), la biennale de Montréal, le centre culturel Canadien (Paris) et dans plusieurs villes à travers le monde. Il est l’un des directeurs artistique de Moment Factory.





Photos prise lors du laboratoire public, Juillet 2006


MANUEL CHANTRE


Manuel Chantre complète son baccalauréat en anthropologie sociale et culturelle à l’Université Laval. Par la suite, il déménage à Montréal pour compléter des études en musique électroacoustique à l’Université Concordia.

Il travaille actuellement en tant que concepteur sonore et compositeur, à la pige. Il a collaboré pour de nombreux domaines tels que la danse, le théâtre, le dessin animé, le documentaire, la vidéo d’art, les jeux vidéos et les sonneries de téléphones cellulaires.

Manuel s’intéresse à de nombreux styles de musiques électroniques passant de l’électro pop, l’électronica expérimental, la musique du monde à l’électoacoustique. Depuis 2004, il se produit sur la scène montréalaise sous le nom de Mr. Knobs et de Taxi Nouveau pour des performances de musique électronique et des prestations de dj. Cette aventure numérique l’a amenée concevoir et réaliser l’événement d’art audio subversif Pop Core.

Il a travaillé notamment,  pour des productions et co-productions de l’Office Nationale du Film, de la Société des arts technologiques, de l’Université Concordia, de l’Université de Montréal, de Wave Generation et d’autres productions indépendantes.

Il favorise une approche artisanale, expérimentale et tente de se renouveller pour chaque projet qu’il entreprend. Il  a gagné le prix de l’innovation en image et en son pour le court métrage Ombre Chinoise dans le cadre du Canadian Youth Festival 2006.






 

Images de travail