La Société des arts technologiques envisage de déployer sur le toit de l'édifice du boulevard Saint-Laurent une immense sphère à l'intérieur de laquelle on pourra vivre des expériences d'immersion multimédia.
03-05-2005

On voyagera dans la Satosphère!

Alain Brunet
La Presse


La Société des arts technologiques (SAT) vit une croissance accélérée. L'organisme montréalais doit répondre à une demande accrue de concepts d'immersion multimédia, que très peu d'entreprises sont capables de générer. Après avoir investi l'édifice du boulevard Saint-Laurent qui fait face au Monument-National, l'équipe de direction envisage l'occuper entièrement, jusqu'au au toit où l'on prévoit déployer une immense sphère à l'intérieur de laquelle on pourra vivre des expériences d'immersion multimédia.

On voyagera bientôt dans la Satosphère!

Le moment est venu, dit en substance un rapport étoffé de la SAT rendu public hier, en guise d'introduction à un vaste plan d'action. Et dont les principales conclusions sont les suivantes:

> La connectivité large bande et très haut débit va bientôt ouvrir un âge de créativité et de surmultiplication des échanges collaboratifs.

> Dans 10 ans, une majorité d'utilisateurs bénéficiera d'une qualité de service et d'accès à Internet largement supérieure à l'état actuel.

> Les contenus seront numérisés, formatés, répertoriés et partagés grâce à une diversité de réseaux filaires et de réseaux sans fil.

> Le mode travail et échange collaboratif entre individus deviendra la règle.

> Le téléchargement poste-à-poste (P2P), la copie et le partage des contenus seront des pratiques usuelles très répandues.

> Les délimitations entre le travail, les loisirs et le temps consacré aux divertissements se seront considérablement estompées.

Premier hub urbain

Après avoir ainsi prophétisé, l'équipe de la SAT est prête à concrétiser ses initiatives de recherches. Entre autres, elle rendra possibles les applications ayant trait à la téléprésence c'est-à-dire l'interaction multimédia reliant simultanément consommateurs et créateurs de contenus reliés par Internet. La SAT est aussi devenue leader en matière d'immersion audiovisuelle, qui conduit le spectateur à s'envelopper de contenus projetés sur différentes surfaces.

La SAT ambitionne ainsi devenir le premier hub urbain de Montréal

«Le coeur du concept de hub urbain consiste à offrir une plateforme ouverte et évolutive qui réunit des logiciels d'avant-garde (essentiellement en code source libre), des technologies numériques et des ressources qui permettent la création, la diffusion et la distribution de contenu culturel numérique. Cette plateforme pourra être utilisée dans un environnement conçu autour de réseaux collaboratifs et branchés sur le monde», explique René Barsalo, directeur du secteur «stratégie et développement» à la Société des arts technologiques. Barsalo est aussi l'auteur du rapport visionnaire Le moment est venu, réalisé de concert avec Jon Husband.

«Nous nous apprêtons à devenir une infrastructure centrale de la création numérique et de sa diffusion, de renchérir René Barsalo. Un espace ouvert et neutre, où notre connaissance peut être transmise, notamment aux chercheurs universitaires. Il existe d'ores et déjà deux générations d'internautes qui ne voient plus la consommation et la création des contenus numérisés comme les précédentes. Qu'on le veuille ou non, ces générations sont prêtes à vivre la culture autrement, on ne pourra en freiner l'élan.»

En tournée

La SAT compte ainsi devenir un espace majeur de création, de formation et de diffusion. On y développera de nouvelles applications informatiques, on y accueillera des résidences d'artistes, chaque parcelle de l'édifice jouira des meilleures connexions Internet, c'est-à-dire la fibre optique. Et sur le toit de la SAT dès l'été 2006, on verra se gonfler la Satosphère où l'on fera l'expérience de nouveaux types de projections multimédia. «Nous l'avons conçue pour qu'elle puisse se déployer sur une patinoire d'aréna. Lorsque l'automne viendra, la Satosphère pourra partir en tournée», souligne Barsalo.

Voilà qui justifie une restructuration en profondeur de la SAT et de son équipe de direction présidée par Monique Savoie, fondatrice de l'organisme. Louis Bellemare en est devenu le directeur général, fin prêt à gérer cette croissance accélérée. À Monique Savoie, René Barsalo et Louis Bellemare se joignent André Picard à la commercialisation des contenus, Richard Langevin à la formation, Joseph Lefebvre au volet «création et résidences», Stéphane Bergeron à la production des événements, Pierre Chiasson à la direction des finances, Hugues Monfroy aux communications.

«Nous avons réuni des professionnels de renom pour répondre aux demandes de nos éventuels clients, professionnels avec lesquels de jeunes artistes créatifs collaboreront. Par exemple, des Suédois nous ont commandé un concept à être projeté en 360 degrés. Il faut maintenant livrer la marchandise», explique Louis Bellemare qui voit se garnir le carnet de commandes de la SAT.